Introduction : Une industrie en plein foisonnement

Les ventes de livres numériques progressent de manière importante partout à travers le monde. En 2012, on évaluait le marché mondial de l’ebook à 859 millions $ (Kozlowski, 14 février 2013). Aux États-Unis, on estime que 22 % du marché du livre est occupé par le numérique  (Morel, 12 avril 2013) comparativement à la France, où il atteint 3,1 % du chiffre d’affaires de l’édition française avec un volume d’activité de 81,76 millions d’euros (Livres Hebdo, 27 juin 2013). Dans la plus récente version du rapport annuel du Canadian Book Consumer 2012, on apprend que les livres numériques représentent 15 % de tous les achats de livre au Canada avec Kobo comme appareil de lecture préféré (Booknet Canada, 30 avril 2013). Selon les experts, le livre numérique pourrait représenter de 15 à 25 % du marché mondial du livre en 2015 (Therrien, 23 mars 2013).

Qu’en est-il chez nous? Pour l’instant, le marché du livre numérique au Québec reste encore modeste, représentant moins de 3 % des ventes totales (Boisvert, 6 avril 2013)[1]. Cependant l’arrivée du livre numérique questionne toutes les principales parties prenantes de ce secteur : auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires et lecteurs. La plus importante industrie culturelle au Québec, avec un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 800 millions de dollars, 12 000 emplois, 30 000 nouveautés mises en marché et 4 500 titres publiés annuellement (ADELF, 2012 : 1), sera-t-elle bouleversée par le livre numérique?

Nous tenterons de répondre à cette question en dressant un portrait du secteur de l’édition au Québec depuis l’arrivée du livre numérique, des liseuses et des librairies en ligne. Pour ce faire, nous nous appuierons sur des documents et rapports officiels, ainsi que sur une série d’entrevues inédites réalisées avec les leaders du secteur de l’édition. Dans le cadre de nos recherches, précisons enfin que nous nous sommes limités exclusivement aux livres en français.


  1. Les chiffres diffèrent selon les intervenants et les articles, mais ils oscillent toujours entre 3 et 5 % du marché.